10 façons dont votre organisation pourrait freiner les progrès en matière de diversité, d'équité et d'inclusion.
Malgré les meilleures intentions de nombreuses organisations, des obstacles invisibles entravent souvent les progrès réels en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) au Canada. Les conclusions présentées dans Rapport 2024 d'Osler sur les pratiques de divulgation de la diversité Cela laisse penser que la dynamique des initiatives en matière de diversité, d'équité et d'inclusion au Canada pourrait ralentir. Ce constat appelle à un regain d'attention afin de garantir la poursuite des progrès et l'intégration effective des pratiques inclusives pour atteindre les résultats escomptés.
Pour vous aider à évaluer vos propres efforts, j'ai répertorié dix façons courantes dont les organisations entravent involontairement les progrès vers la réalisation des objectifs en matière de DEI.
- Résistance au changement
Si la principale valeur de la diversité, de l'équité et de l'inclusion réside dans leur capacité à impulser un changement significatif, la résistance est souvent la réaction la plus fréquente, surtout lorsque ces efforts remettent en question des normes établies et abordent des sujets délicats. Bien que la résistance au changement soit naturelle et que le changement puisse être intimidant, il est essentiel au progrès. Sans lui, le risque de stagnation et de pertes d'opportunités de croissance et de réussite dans un monde en constante évolution est grand.
La résistance au changement, qu’elle soit individuelle ou organisationnelle, peut se manifester de la manière suivante :
- Denying the need for change such as saying “things have always been this way” or “it’s not a problem here.
- Percevoir le changement comme une critique.
- Saper activement le changement.
- Nourrir le cynisme en remettant constamment en question ou en doutant des efforts de changement.
- Ralentir le processus décisionnel pour entraver le progrès.
- Réagir émotionnellement à un changement impersonnel, par exemple en se sentant personnellement menacé ou en insécurité lorsque le changement ne vise pas des individus.
- Se montrant manifestement réticents à promouvoir ou à adopter de nouvelles approches.
- Perpétuer des normes obsolètes.
- Se désengager ou sanctionner les personnes qui suggèrent des améliorations.
- Application incohérente des nouveaux processus et approches.
- Se contenter de belles paroles sans les concrétiser par des actions et des ressources..
2. Manque d'engagement de la direction
La diversité, l'équité et l'inclusion (DEI) demeurent essentielles au sein des organisations et de la société, car elles s'attaquent aux enjeux fondamentaux de la représentation, de l'équité et de l'égalité des chances. Dans l'économie mondiale interconnectée d'aujourd'hui, elles constituent un atout stratégique et favorisent la constitution d'équipes résilientes, adaptables et aptes à prospérer dans un monde en constante évolution. Un manque d'engagement de la direction engendre non seulement frustration et désengagement des employés, mais compromet également la capacité de l'organisation à progresser significativement vers le changement.
Voici quelques signes de manque d'engagement de la direction :
- Ne pas communiquer une stratégie ou une vision DEI claire et concrète.
- Se concentrer sur un résultat immédiat à court terme plutôt que sur un effort soutenu à long terme.
- Faire des déclarations vagues, génériques et peu engageantes sur la DEI sans les étayer par des actions concrètes, comme dire “ nous valorisons la diversité ” ou “ soyez vous-même ”.”
- Des efforts incohérents qui ne permettent pas de s'attaquer à des problèmes plus profonds comme l'organisation d'événements ponctuels.
- On parle de l'importance de la DEI sans faire beaucoup d'efforts pour diversifier les équipes et la direction.
- Réagir de manière inadéquate ou ne pas traiter les problèmes liés à la discrimination, au harcèlement ou à un environnement de travail toxique.
- Ne pas modéliser ni renforcer les comportements inclusifs dans les interactions quotidiennes.
- Offrir un soutien limité aux besoins et aux points de vue des employés issus de la diversité.
3. Manque de responsabilité
Les initiatives DEI peuvent perdre de leur élan sans responsabilisation et sans transparence dans les rapports, éléments essentiels pour maintenir la confiance et garantir que les efforts ne soient pas seulement symboliques, mais réellement efficaces.
Voici quelques signes de manque de responsabilité :
- Ne pas suivre les progrès accomplis par rapport à des résultats spécifiques et mesurables tels que les objectifs de représentation, les taux de rétention ou l'équité salariale.
- Absence de rapports réguliers sur les progrès accomplis et manque de transparence concernant les lacunes ou les opportunités.
- Manque de transparence concernant les lacunes et absence de rapports réguliers sur les progrès accomplis.
- Ignorer les lacunes identifiées ou les considérer comme une menace plutôt que comme une opportunité.
- Annoncer des initiatives ou des programmes sans les mettre en œuvre correctement.
- Appliquer les pratiques et les politiques de manière incohérente, par exemple en autorisant certaines personnes à contourner les directives tout en imposant des normes strictes à d'autres.
- Retarder ou apporter une réponse inadéquate aux problèmes.
- Ne pas tenir compte des commentaires ou ignorer les problèmes.
- Minimiser le rôle et la responsabilité des dirigeants et des gestionnaires dans la création ou le renforcement des barrières.
4. Des objectifs trop ambitieux ou mal définis
La clé du succès des initiatives DEI réside dans le juste équilibre entre ambition et réalisme. Cela implique de définir des objectifs et des étapes clés clairs et réalisables qui guident l'organisation vers ses objectifs à long terme. Cependant, nombreuses sont les organisations qui tombent dans le piège de se fixer des objectifs trop ambitieux, espérant que des cibles audacieuses engendreront un changement rapide et démontreront des progrès. En réalité, de tels objectifs, trop ambitieux ou vagues, sont souvent difficiles à mettre en œuvre et à mesurer efficacement. Lorsqu'ils manquent de précision ou sont irréalistes, ils peuvent engendrer de la confusion, détourner l'attention et, au final, mener à la frustration sans produire de résultats concrets.
Voici quelques signes d'objectifs trop ambitieux ou mal définis :
- Fixer des objectifs vagues ou imprécis, sans définition précise de ce qu'ils impliquent, dans le seul but d'apaiser certains groupes ou parties prenantes.
- Se fixer des objectifs irréalistes, tels que “ l’élimination des préjugés ”, à court terme.
- Se concentrer sur des résultats à court terme qui ne s'attaquent pas aux problèmes systémiques profondément enracinés.
- Se fixer des objectifs généraux et ambitieux sans étapes concrètes ni feuille de route claire pour les atteindre.
- Privilégier les chiffres au détriment de la création d'une culture inclusive ou de la lutte contre les obstacles systémiques.
- Se concentrer sur des initiatives superficielles sans aborder les problèmes de fond comme les biais dans l'évaluation des performances ou les obstacles à l'avancement professionnel.
- Fixer des objectifs sans consulter ni impliquer les personnes que ces objectifs sont censés servir.
- Faire peser la seule responsabilité de s'attaquer à des problèmes profondément enracinés sur les responsables, les défenseurs et les acteurs du changement en matière de diversité, d'équité et d'inclusion.
5. Ressources et financement insuffisants
Un risque majeur pour tout travail en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) réside dans l'allocation de ressources et de financements insuffisants. Sans les ressources financières et humaines nécessaires, la mise en œuvre de programmes complets, la formation continue et le soutien à la recherche et à l'analyse de données essentielles seront entravés. Lorsque les ressources sont trop limitées, les organisations peuvent avoir du mal à maintenir leur élan, ce qui compromet leur pérennité et, en fin de compte, empêche tout changement significatif et durable.
Voici quelques signes d'une allocation insuffisante des ressources et des financements :
- Nommer un seul responsable DEI sans fournir suffisamment de soutien, de personnel ou d'outils pour garantir l'efficacité des programmes.
- Le fait d'allouer un budget et des ressources limités aux programmes et initiatives en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) entrave leur capacité à avoir un impact significatif.
- Se concentrer uniquement sur le recrutement sans se préoccuper de la fidélisation des talents issus de la diversité.
- Investir insuffisamment dans les programmes de développement du leadership pour les groupes diversifiés.
- Fournir des ressources limitées pour la mise en œuvre des programmes et des initiatives.
- Développer des opportunités de sensibilisation et d'engagement minimales et insuffisantes auprès de diverses communautés.
6. Des efforts fragmentés ou incohérents
Les efforts fragmentés ou incohérents désignent des initiatives ou des programmes qui manquent de cohésion, de concentration ou de pérennité, ce qui se traduit souvent par des progrès décousus ou superficiels. Lorsque les efforts en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) sont fragmentés, ils peuvent involontairement créer d'importantes disparités, de la confusion et un sentiment d'injustice.
Voici quelques signes d'efforts fragmentés ou incohérents :
- Mettre en œuvre des initiatives ou des programmes de manière cloisonnée au sein de différentes parties de l'organisation, sans stratégie globale les reliant.
- Absence de vision claire et unifiée, de collaboration transversale et d'objectifs partagés.
- Promouvoir des initiatives ponctuelles qui ne s'inscrivent pas dans un engagement continu en faveur du changement.
- Il s'agit de mettre en place des initiatives complémentaires plutôt qu'intégrées, pleinement intégrées aux valeurs et à la culture fondamentales de l'organisation.
- Mise en place d'un comité DEI, mais recommandations largement ignorées ou sous-financées.
- Absence d'un système efficace de collecte et d'analyse des données permettant de suivre les progrès et de partager les informations entre les services.
- Se concentrer de manière disproportionnée sur certains groupes tout en ignorant d'autres aspects de la diversité.
- Mettre l'accent à l'excès sur la diversité sans aborder l'inclusion et l'équité qui garantissent à tous les employés les mêmes opportunités de croissance, d'avancement et de rémunération.
- Appliquer les règles, les politiques et les procédures de manière incohérente à tous les individus, équipes ou situations.
7. Mauvaise communication et faible implication
Lorsque les initiatives en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) ne sont pas clairement communiquées, les employés peuvent douter de l'engagement de l'organisation. Sans messages clairs, le personnel risque également de passer à côté d'initiatives clés, de formations ou de dispositifs de soutien conçus pour favoriser un environnement inclusif. Si les employés ne comprennent pas pleinement les engagements et les objectifs de l'organisation en matière de DEI, ils peuvent avoir du mal à aligner leurs comportements et leurs actions sur ces objectifs, ce qui réduit l'efficacité des initiatives. Ce manque de sensibilisation peut créer un fossé entre la direction et le personnel, rendant plus difficile l'instauration d'un climat de confiance et le maintien d'une dynamique propice à des progrès durables.
Voici quelques signes de mauvaise communication et d'engagement :
- Failing to clearly communicate DEI goals, strategies, and progress, particularly in terms of how employees’ contributions align with the organization’s efforts.
- Communicating mixed messages that fail to align leadership’s commitment with everyday actions.
- Excluding employees from discussions about the organization’s commitment to DEI, leading to confusion and skepticism.
- Des efforts de direction axés exclusivement sur des directives descendantes, sans solliciter de commentaires, d'avis ou de préoccupations de la part des employés ou des communautés.
- Concevoir ou mettre en œuvre des initiatives sans impliquer activement les employés.
- Accorder de l'importance aux préoccupations d'un groupe tout en ignorant ou en sous-estimant celles des autres employés.
- Ne pas fournir de mises à jour régulières, de suivis ou de rapports d'avancement sur les engagements et les objectifs.
8. Décalage culturel
Les initiatives en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) peuvent se heurter à la culture dominante d'une organisation, notamment dans les environnements historiquement homogènes ou réfractaires au changement. Dans ces organisations, des normes, des pratiques et des valeurs culturelles profondément ancrées peuvent privilégier la conformité ou perpétuer les structures de pouvoir existantes, rendant difficile l'adoption de mesures en faveur de la diversité, de l'équité et de l'inclusion.
Voici quelques signes de décalage culturel :
- Continuer à s'appuyer sur des traditions, des styles de leadership ou des pratiques de communication établis de longue date qui ne reflètent pas la diversité des besoins et des perspectives que les efforts en matière de DEI cherchent à prendre en compte.
- Failing to consider the organization’s unique context, which should align with its mission and embrace diverse perspectives and the lived experiences of its members.
- Privilégier les points de vue et les normes de la culture dominante pour impulser le changement, tout en marginalisant ou en minimisant ceux des autres groupes.
- Recommander le changement tout en promouvant des méthodes de mise en œuvre qui renforcent des façons obsolètes de mesurer le succès ou qui maintiennent des pratiques traditionnelles.
- Promouvoir un cadre culturel spécifique, tel que les styles de communication occidentaux, qui peut ne pas être inclusif envers toutes les origines.
- Négliger les dynamiques existantes sur le lieu de travail, telles qu'une culture toxique, qui entravent les discussions ouvertes et sécurisées et un environnement plus inclusif.
9. Approches centrées sur l'humain limitées
DEI efforts often fall short because they overlook the unique experiences, needs, and challenges of the individuals they aim to support. When initiatives lack a human-centered approach, their effectiveness and long-term sustainability are compromised. For instance, top-down policies, though well-intentioned, often fail to account for the diverse lived experiences within a workforce. While these policies may look good on paper, they don’t always translate into meaningful change for all employees, leading to a disconnect between intentions and real-world impact.
Voici quelques signes d'une application limitée des approches centrées sur l'humain :
- Privilégier les besoins d'un groupe démographique spécifique, comme les personnes valides, cisgenres et de classe moyenne, tout en négligeant les besoins d'autres groupes.
- Partir du principe que tous les individus ont des besoins, des désirs et des valeurs similaires, c'est ignorer la complexité et l'individualité des expériences.
- Minimiser ou simplifier à l'excès les expériences des autres.
- S’appuyer sur des solutions ou des conceptions génériques qui ne tiennent pas compte des expériences vécues uniques des individus.
- Proposer des solutions unilatérales qui peuvent ne pas être pertinentes ou efficaces.
- Ne pas tenir compte de l'intersectionnalité des identités et des expériences des personnes.
10. Initiatives superficielles et symbolisme
Il existe un risque que les programmes ou initiatives DEI soient perçus comme superficiels ou symboliques, en particulier s'ils se concentrent uniquement sur la diversité de surface, comme l'embauche de candidats diversifiés, sans aborder des problèmes systémiques plus profonds comme le racisme, la discrimination institutionnalisée, les biais dans la prise de décision, les déséquilibres de pouvoir et l'exclusion des systèmes de justice.
Voici quelques signes d'initiatives superficielles et de symbolisme :
- S’engager dans des activités de DEI comme une simple formalité, sans effort soutenu ni plan pour apporter un changement concret.
- Mettre en place des politiques qui semblent inclusives ou qui promeuvent l'équité, mais qui manquent de profondeur pour avoir un impact réel.
- Organiser une formation ou un atelier ponctuel sans formation continue ni suivi, qui favorise une véritable compréhension et entraîne des changements significatifs de comportement ou d'action.
- Celebrating diversity on special occasions, such as Black History Month, National Indigenous History Month etc., without integrating inclusive practices into the organization’s daily operations, culture, or long-term strategy.
- Suivre les chiffres de la diversité ou les taux d'engagement sans évaluer comment l'inclusion et l'équité sont réellement vécues sur le lieu de travail.
- Lancer des programmes ou des initiatives avec un enthousiasme initial, mais sans allouer les ressources adéquates, sans établir de responsabilités ni mettre en œuvre des mesures claires et des résultats mesurables.
- Embaucher ou promouvoir une ou deux personnes ayant une expérience vécue à des postes de haut niveau sans leur donner véritablement les moyens d'impulser le changement ni l'autorité nécessaire pour prendre des décisions.
- Inviter des personnes de tous horizons à s'exprimer lors d'événements ou de tables rondes, mais ne pas intégrer véritablement leurs points de vue dans la prise de décision ou les stratégies organisationnelles.
- Ils recrutent activement en faveur de la diversité, mais d'une manière qui privilégie l'atteinte des quotas plutôt que la création d'un environnement inclusif où les talents diversifiés peuvent s'épanouir, se sentir valorisés et progresser.
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Merertu Mogga Frissa
Fondateur, directeur général
Association canadienne des personnes noires et racialisées Professionnels de l'équité et de l'inclusion (Kusema)
